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·25 octobre 2018
ENTRETIEN - Gelson Fernandes (Francfort) : "Je ne voulais pas quitter la Premier League"

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·25 octobre 2018
Vainqueur de la Coupe d'Allemagne dès sa première saison à l'Eintracht Francfort, Gelson Fernandes (32 ans) a décidé de poursuivre l'aventure malgré plusieurs offres en Ligue 1 notamment. Pour Goal, l'ancien Rennais est revenu sur son été mouvementé. Il dresse un tableau détaillé de son parcours jusqu'ici.
Gelson Fernandes : Ouch. J'étais sous contrat avec Manchester City en Angleterre, à ce moment-là.
Ah, bien sûr. Je n'oublierai jamais ce jour-là. À l'époque, on avait joué avec en un maillot rétro et Benjani avait marqué le but de la victoire. J'étais jeune et je jouais pour la première fois à Old Trafford. Les légendes comme Edwin van der Sar, Ryan Giggs et Nemanja Vidic étaient toujours à United. Rio Ferdinand aussi. C'était un match incroyable.
Je ne voulais pas vraiment partir, mais Manchester City avait engagé trois nouveaux joueurs à mon poste avec Nigel de Jong, Patrick Vieira et Yaya Touré. Il n'y avait pas de place pour moi. Il n'était pas question pour City d'un départ dans un autre club anglais. C'est pour ça que j'ai fini en Ligue 1 à l'AS Saint-Etienne.
J'ai rencontré beaucoup de gens formidables et d'excellents joueurs, mais Didi Hamann m'a particulièrement marqué pendant mon séjour à Manchester City. Il était très intelligent. Ce joueur avait de la personnalité, du charisme et était un vrai leader. Il a aussi été très important pour moi. Il m'a donné beaucoup de conseils qui m'ont aidé au cours de ma carrière.
Il était très important car c'était un leader, de par son expérience et ses qualités footballistiques. Que ce soit sur le terrain ou dans le vestiaire, nous nous sommes très bien entendus. Lui et moi, on s'est bien amusé et je pense qu'on retravaillera ensemble quelque part.
Sous quelle forme, je ne sais pas encore, mais il est convenu que nous retravaillerons ensemble.
Il y a deux semaines, il était encore couvert d'éloges. Maintenant, il ne gagne pas quatre matchs d'affilée et c'est déjà le feu. Je peux imaginer ce ne soit pas facile, mais Niko Kovac sait ce qu'il veut et peut mener l'équipe sur le bon chemin.
Avant de venir à Francfort, j'ai quand même joué trois ans à Rennes. Là, je dispute ma deuxième saison à l'Eintracht. Mais le football a changé et les transferts sont devenus monnaie courante. Pour être honnête, je n'ai jamais vraiment voulu changer de club. Je me suis toujours laissé guider par les propositions. J'aurais peut-être dû faire preuve de plus de patience parfois, mais c'est comme ça. J'ai aussi pu apprendre d'autres cultures, de nouvelles langues.
L'entraîneur, Bruno Hübner et Fredi Bobic m'ont parlé de leur projet à l'époque, et j'ai rapidement décidé d'accepter. En plus de ça, avec mon passage à Fribourg, je savais à quoi m'attendre. J'en ai quand même parlé avec Pirmin Schwegler, Christoph Spycher et Haris Seferovic et ils ont tous dit de bonnes choses sur Francfort et les supporters, qui ont été exceptionnels la saison dernière après la finale de coupe et lors du match de Ligue Europa contre la Lazio.
Le potentiel de ce club est incroyable. Tout simplement. Aussi sur la place, on a eu ce qui se passe dans les tribunes. C'est synonyme de tradition et de passion.
Nous avons aussi des traducteurs, mais j'aime bien aider les garçons, même si je pense c'est très important que chaque joueur apprenne à parler allemand. Sur le long terme, je ne vais pas les aider si je traduis à chaque fois. Il faut savoir aller chercher les infos par toi-même.
Il peut arriver qu'il y ait six langues différentes qui soient parlées dans le vestiaire. Mais quand on se rend compte que ça dégénère, on essaye de parler allemand pour que tout le monde se comprenne.
Pendant tout ce temps, le foot a lui-même évolué. C'est une première chose. Aujourd'hui, tout va beaucoup plus vite. Il y a plus de pression sur les joueurs et les entraîneurs. Ce n'était pas toujours le cas à l'époque. Tout a énormément changé, les affaires par exemple. Il y a deux semaines, on a parlait et je pense que c'était plus facile d'être un joueur de football professionnel il y a 20 ans comparé à aujourd'hui.
Oui, mais c'est aussi parce que les anciens n'étaient pas forcément sympas avec les plus jeunes. J'ai vu des joueurs en colère voire offensés parce qu'un jeune joueur arrivait dans l'équipe. Certains ne voulaient même pas serrer la main du petit nouveau. Aujourd'hui, c'est un peu différent.
Bien sûr, j'ai une bonne relation avec lui et je le soutiens partout, dès que je peux. J'ai eu beaucoup d'expériences dans ma carrière et j'essaye de lui donner le plus de conseils possibles. C'est un grand talent qui a déjà joué avec l'équipe nationale. Mais il doit encore travailler dur pour passer un cap.
J'ai eu de bonnes offres, avec des contrats de deux ou trois ans en France. Mais après discussion avec Fredi Bobic et Bruno Hübner, j’ai annoncé que je voulais rester à Francfort à condition d'être utile et de continuer à aider les garçons. Ma famille se sent bien ici, alors pourquoi partir au bout d'un an ?
La seule chose que je veux, c'est la santé. J'espère que mes genoux vont tenir et que je pourrais marcher sans douleur avec mes enfants, même après la fin de ma carrière. (rires)
Je suis sous contrat jusqu'à la fin de la saison. Je ne sais pas encore ce qui va se passer. Mais pour moi, il est clair déjà que je n'arrêterai pas tout de suite.
Propos recueillis par Robin Haack